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Une équipe de l'Université de Bergen, en Norvège, a déterminé qu'au moins 1,1 % des manuscrits médiévaux rédigés entre 800 et 1626 après J.-C. étaient l'œuvre de scribes féminines. Au total, plus de 110 000 textes auraient ainsi été copiés par des femmes, dont environ 8 000 exemplaires subsisteraient encore aujourd'hui.
Jusqu'à présent, les recherches sur l'implication des femmes dans la production de manuscrits s'étaient concentrées sur des scriptoria monastiques particuliers, des régions précises ou des périodes restreintes. Si ces études avaient démontré l'existence d'un rôle féminin dans la copie des textes, aucune analyse à grande échelle n'avait permis de quantifier leur contribution.
Dans une étude publiée dans la revue Humanities and Social Sciences Communications et intitulée Combien de manuscrits médiévaux et modernes ont été copiés par des scribes féminines ? Une analyse bibliométrique basée sur les colophons, les chercheurs ont effectué une analyse approfondie des colophons pour évaluer la participation des femmes en tant que copistes.
Les colophons sont de courtes notes ajoutées à la fin des manuscrits, fournissant des informations sur le scribe, le commanditaire, le lieu et la date de production, et parfois des réflexions personnelles. Pour cette recherche, 23 774 colophons conservés dans des collections institutionnelles ont été examinés.
Chaque colophon a fait l'objet d'une analyse approfondie visant à identifier des indices permettant de déterminer le genre du scribe, tels que des noms féminins ou des expressions auto-référentielles. Seuls les colophons attestant de manière certaine l'identité féminine du copiste ont été retenus, aboutissant à un total de 254 colophons liés à des femmes. Les cas ambigus ou attribuables avec probabilité à des femmes ont été exclus, garantissant une estimation prudente de 1,1 % comme seuil minimal de leur contribution.
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Colophon rédigé par une scribe nommée au XVe siècle.Crédit : *Humanities and Social Sciences Communications* (2025). DOI : 10.1057/s41599-025-04666-6 |
L'analyse a révélé une présence constante, bien que modeste, des scribes féminines entre 800 et 1400, suivie d'une augmentation notable après 1400, particulièrement dans les manuscrits rédigés en langues vernaculaires (non latines).
Ces résultats suggèrent que les femmes ont produit au moins 110 000 manuscrits au cours du Moyen Âge, avec environ 8 000 survivants encore conservés. Les scriptoria féminins connus ne représentant qu'une infime partie de cette production, il est probable que des communautés de scribes féminines non identifiées aient existé.
Des questions demeurent quant aux contextes socio-politiques et économiques qui ont favorisé cette activité. Les chercheurs appellent à poursuivre les investigations en cartographiant la répartition géographique et chronologique des colophons féminins, en étudiant les registres paroissiaux et institutionnels pour identifier d'éventuels réseaux de production de livres, et en analysant les types de textes copiés par les femmes. Une telle approche permettrait de mieux comprendre leur rôle dans la diffusion du savoir médiéval.
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