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Ces mystérieuses sphères de pierre utilisées par nos ancêtres vont vous étonner !

Sphères volcaniques 9735 et 9319 utilisées de Gombore IB. Crédit : Mussi 2025

Une étude récente dirigée par la Dr Margherita Mussi, publiée dans Quaternary International, met en lumière l'utilisation potentielle de sphères naturelles en basalte par les hominines comme outils il y a plus d'un million d'années.

Des objets intrigants largement ignorés

Dans toute l'Europe, l'Asie et l'Afrique du Pléistocène, les chercheurs ont identifié et étudié des objets lithiques globulaires intentionnellement fabriqués, souvent appelés "boules polyédriques" ou "sphéroïdes". Leur fonction reste débattue, allant d'outils de percussion à des projectiles de chasse. Cependant, les sphères naturelles de roche volcanique, bien que tout aussi fascinantes, ont jusqu'à présent été peu étudiées.

Des sphères de basalte au cœur d'une région volcanique

Située en Éthiopie, la région de Melka Kunture, riche en sites pléistocènes, contient de nombreuses sphères naturelles en basalte. Cette singularité s'explique par la présence de multiples centres éruptifs ayant façonné ces formations rocheuses, contrairement aux sites avoisinants où dominent les sphères en calcaire.

Les sphères analysées dans l'étude proviennent de huit sites archéologiques, dont Gombore IB, Atebella II et Garba XII. Le plus ancien, Gombore IB, daté de 1,7 million d'années, a livré près de 5 000 outils lithiques, trois sphères ainsi que des fragments d'humérus d'un Homo cf. ergaster.

Les sites les plus récents, comme Garba I et III (environ 600 000 ans), ont révélé 22 sphères aux côtés de plus de 7 000 outils en pierre. Au total, plus de 30 sphères sont conservées au Musée national d'Addis-Abeba, accompagnées de restes osseux d'hominines, notamment Homo heidelbergensis et Homo sapiens.

Des outils naturels, soigneusement sélectionnés

L'analyse des sphères a porté sur leur poids, leur forme, leur taille et la présence de traces d'utilisation. Bien qu'elles soient naturelles, Mussi affirme qu'elles ont été volontairement collectées par les hominines, excluant une origine due au transport par l'eau.

"Les caractéristiques métriques et la disposition des galets transportés par l'eau sont bien connues. De plus, certains sites contiennent des dépôts fins où la présence de ces sphères lourdes contraste avec l'environnement, ce qui exclut une origine naturelle," explique la chercheuse.

Mussi propose que ces sphères aient été utilisées comme outils de percussion :

"Je suis convaincue que les sphères volcaniques dures servaient à tailler ou retailler des outils lithiques, tandis que celles en lapilli plus tendre étaient probablement utilisées pour traiter des végétaux ou des peaux."

Basalte en cours d’exfoliation avec un noyau sphérique dans le ravin de Simbiro à Melka Kunture. Crédit : Mussi 2025

Une stratégie adaptative étendue sur un million d'années

Ces sphères ne correspondent pas à la définition classique d'outils fabriqués mais peuvent être qualifiées d'"outils à posteriori", reconnus comme tels en raison des traces laissées par leur usage.

Cette découverte offre un nouvel éclairage sur l'évolution du comportement technologique des hominines et leur capacité à exploiter leur environnement de manière opportuniste.

"C'est peut-être la première preuve de l'utilisation de formes naturelles pour diverses activités, une pratique qui s'est perpétuée sur plus d'un million d'années à Melka Kunture", affirme Mussi. "Alors que les espèces humaines évoluaient d'Homo erectus à H. heidelbergensis, ces roches rondes étaient soigneusement sélectionnées, témoignant d'une exploitation intelligente et adaptative des ressources."

Sources : Margherita Mussi, The volcanic rock spheres of Melka Kunture (Upper Awash, Ethiopia) at Gombore IB and later Acheulean sites, Quaternary International (2025). DOI: 10.1016/j.quaint.2025.109681

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